Kuei-min Chang

New Wine in Old Bottles: Sinicisation and State Regulation of Religion in China

ABSTRACT: This paper discusses Xi Jinping’s policy of religious sinicisation (zhongguohua 中国化) and the subsequent revision of the Regulations on Religious Affairs. I argue that Xi’s fear of foreign influence has driven the direction of recent changes in religious policy in favour of indigenous or indigenised religions. I show that the effort to sinicise religions and the consequent strengthening of the existing regulatory framework risks exacerbating the challenges that the Xi regime seeks to confront in the first place. KEYWORDS: Sinicisation, zhongguohua, Regulations on Religious Affairs, State-religion Relations, Selective Religious Toleration, United Front, China, Xi Jinping.

Le paradoxe de l’échange : asymétrie institutionnelle et limites du travail du Front uni religieux dans le détroit de Taïwan

Kuei-min Chang est maîtresse de conférence en sciences politiques à l’Université nationale de Taïwan, n° 1, Sec. 4, Roosevelt Rd., Taipei 106319, Taïwan (changkueimin@ntu.edu.tw). RÉSUMÉ : Cet article s’intéresse à la manière dont les distinctions entre la Chine et Taïwan en matière de gouvernance religieuse affectent le travail du Front uni de Pékin au sein de la communauté religieuse populaire taïwanaise. Les temples taïwanais sont considérés comme particulièrement réceptifs à l’influence chinoise en raison de lignées spirituelles communes. En s’appuyant sur des travaux de terrain et des données d’entretiens approfondis menés entre 2013 et 2024, cet article montre en quoi l’asymétrie institutionnelle a miné l’efficacité du travail du Front uni religieux. Premièrement, l’ordre politico-religieux centralisé chinois a limité la capacité de l’establishment religieux chinois à donner la priorité à l’impératif politique du PCC sur la logique religieuse. Deuxièmement, la décentralisation des temples taïwanais a créé des problèmes de coordination pour les intermédiaires entre la Chine et Taïwan dont les agendas ne sont pas toujours alignés avec ceux de Pékin. Enfin, les dirigeants des temples taïwanais, fidèles aux traditions religieuses communautaires, ont déployé des stratégies d’adaptation pragmatiques pour contourner les intentions politiques de Pékin. Par conséquent, les efforts de Pékin pour initier et redéfinir les échanges religieux entre les deux rives du détroit comme des modèles d’unité ont paradoxalement généré des récits contradictoires au sein de la communauté religieuse populaire taïwanaise. MOTS CLÉS : asymétrie institutionnelle, religions populaires, travail du Front uni religieux, échanges religieux sino-taïwanais, relations inter-détroit, temples, gestion des temples.