Construire un conservatoire aux caractéristiques chinoises et de premier ordre mondial. Rhétorique d’une institution musicale chinoise
RÉSUMÉ : Le Conservatoire de musique de Shanghai a pour vocation principale de produire, au terme d’un parcours hautement compétitif, des interprètes de « musique classique occidentale » de niveau international. Le processus de « globalisation » passe par le déploiement d’efforts particuliers, à la fois plus explicites et plus développés que dans les Conservatoires européens ou américains, pour internationaliser la formation. Cette apparente disparition des différences d’un modèle globalisé est néanmoins plus subtile qu’il n’y paraît. La globalisation est partielle et ciblée et surtout, elle va de pair avec une forme d’appropriation passant par deux mécanismes distincts : l’un consacré au développement et à la transmission d’un savoir-faire internationalisé dans l’interprétation, l’autre dévolu à la composition de pièces comportant des caractéristiques chinoises, qui mettent en musique un discours nationaliste.
MOTS-CLÉS : Conservatoire de Shanghai, musique classique occidentale, globalisation, rhétorique institutionnelle, nationalisme, chansons.