Éduquer l’apprenant autonome dans une école confucéenne : subjectivité, mémorisation et dilemme
Canglong Wang enseigne actuellement à Birkbeck, Université de Londres, Malet St, Londres WC1E 7HX, Royaume-Uni. Il est maître de conférences à l’École des sciences sociales de l’Université Heriot-Watt, Édimbourg EH14 4AS, Royaume-Uni (canglongwang6@gmail.com).
Shuo Wang est chargé de cours en stratégie à la School of Leadership and Management, au sein de l’école de commerce du Bedfordshire, Université du Bedfordshire, Vicarage St, Luton LU1 3JU, Royaume-Uni (shuo.wang@beds.ac.uk).
RÉSUMÉ : La littérature sur la gouvernementalité et la subjectivité chinoises manque de discussion rigoureuse à propos du rôle de l’éducation confucéenne. Cet article applique les outils conceptuels foucaldiens pour explorer empiriquement cette lacune de la recherche. Sur la base d’un travail de terrain ethnographique dans une école confucéenne, nous explorons la manière dont les techniques pédagogiques confucéennes sont utilisées pour créer un certain type de sujet. Cet article présente d’abord la réforme pédagogique d’une école confucéenne. La pédagogie de mémorisation individualisée mise en œuvre dans cette école combine deux sources de connaissances paradoxales : le principe d’enseignement individualisé et la méthode de mémorisation répétitive. Nous démontrons ensuite comment les techniques d’enseignement confucéennes mobilisées en classe aboutissent à des processus contradictoires de construction du sujet. Les étudiants sont gouvernés par des technologies de pouvoir dans une classe disciplinée, mais ils sont aussi encouragés à prendre en main leurs études à l’aide de techniques de soi afin de devenir des apprenants autonomes. L’éducation confucéenne ainsi renouvelée se trouve confrontée à un profond dilemme culturel, entre autonomie/individualité et coercition/autorité, dans le processus de construction du sujet.
MOTS-CLÉS : éducation confucéenne, gouvernementalité, subjectivation, pouvoir, Foucault.