Arts martiaux embarrassants : transmission des « choses réelles » par les maîtres et valorisation du patrimoine local dans le Shanxi
Laurent Chircop-Reyes est chercheur et rédacteur en chef adjoint de China Perspectives au CEFC à Hong Kong. Rm. 3029, academic building, Université des sciences et technologies de Hong Kong (HKUST), Clear Water Bay, Hong Kong (laurent.chircop-reyes@ehess.fr).
RÉSUMÉ : Les arts martiaux chinois sont traditionnellement transmis dans le cadre d’une relation privée maître-disciple. Depuis quelques années, certains maîtres craignent que leur art tombe en désuétude, ce qui remettrait en cause les modes de transmission confidentiels et ce qui y est tenu pour orthodoxe. Parallèlement, la notion de patrimoine culturel immatériel (PCI) reprise par un large éventail d’acteurs sociaux, dont les maîtres, s’efforce de valoriser les pratiques et de perpétuer les lignages. Les observations de terrain permettent cependant d’analyser des fonctionnements lignagers complexes et une certaine gêne liée à l’historicité et à la martialité lorsqu’il s’agit de promouvoir les arts martiaux traditionnels hors de la sphère privée. Cet article s’appuie sur des récits de maîtres (témoignages oraux et sources écrites) et se concentre principalement sur le cas du xingyiquan (« boxe de la forme et de l’intention ») dans la province du Shanxi en 2017 et 2018. Il vise à interroger l’équilibre des contraintes découlant des efforts de préservation de l’intégrité culturelle d’une part, et de l’engagement dans des processus de valorisation et de normalisation d’autre part.
MOTS-CLÉS : arts martiaux, pratiques ésotériques, lignages, transmission des savoirs, valorisation culturelle, PCI, xingyiquan, Shanxi.
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