Selina Ching CHAN

Inégalités d’inscription au patrimoine culturel immatériel des célébrations de la fête des fantômes (Yulan) à Hong Kong

Selina Ching Chan est vice-présidente et professeure de sociologie à l’Université Shue Yan de Hong Kong, 10 Wai Tsui Crescent, North Point, Hong Kong (scchan@hksyu.edu).   RÉSUMÉ : Cet article décrit les inégalités d’inscription aux patrimoines culturels immatériels (PCI) national et local des célébrations de la fête des fantômes (Yulan), selon les différents groupes ethniques à Hong Kong. Je soutiens que le discours patrimonial officiel qui sous-tend l’inscription de la fête Yulan au PCI est fondé sur un imaginaire fossilisé des traditions et identités ethniques. Le fait de classer la fête Yulan selon les traditions rituelles ethniques implique de présupposer l’existence d’une communauté et d’une tradition ethniques homogènes et semble ignorer la dynamique de la tradition ethnique, ainsi que la nature hybride et flexible de la culture et de l’identité. Ce système officiel a mis en évidence et amplifié les différences entre diverses traditions ethniques en sous-estimant l’importance des pratiques intégrées, diversifiées, flexibles et hybrides, la complexité ethnique changeante des communautés locales, ainsi que l’agentivité subjective des individus. J’observe un écart entre ce qui a été pratiqué et ce qui a été institutionnalisé, ainsi qu’une agentivité individuelle dans la négociation des liens entre les célébrations de la fête et les désignations patrimoniales institutionnalisées. MOTS-CLÉS : fête des fantômes, fête Yulan, patrimoine culturel immatériel (PCI), religion, discours patrimonial officiel, ethnicité, identités, Hong Kong, Chine.

L'article en entier est accessible dans sa version anglaise.