La mise en spectacle de la « bifurcation des patries » : les tournées auprès des diasporas chinoises à Bangkok et à Singapour, 1945-1960
Beiyu Zhang est professeur associé à l’École des études internationales/Académie des études chinoises d’outre-mer de l’Université Jinan à Canton. 601 Huangpu Avenue West, Tianhe District, Canton, République populaire de Chine, 510632 (beiyuzhang@jnu.edu.cn).
RÉSUMÉ : De la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu’à la période de la guerre froide, des troupes de théâtre et des artistes chinois appartenant à des patries devenues distinctes (bifurcated homelands) – la République de Chine (RdC) à Taipei et la République populaire de Chine (RPC) à Pékin – ont parcouru l’Asie du Sud-Est pour gagner les cœurs et les esprits de la diaspora chinoise par un moyen puissant : la danse, qui jusqu’à présent n’a pas retenu l’attention qu’il mérite. Cet article identifie ces liens performatifs selon deux scénarios : (1) la troupe de théâtre affiliée au Parti communiste chinois Zhong Yi et ses tournées diasporiques à Singapour et à Bangkok dans l’immédiat après-guerre ; (2) les expériences de la danseuse folklorique taïwanaise Lee Shu Fen et son héritage chorégraphique en Asie du Sud-Est pendant la guerre froide. En s’inscrivant dans le domaine d’étude naissant de la « guerre froide culturelle chinoise », cet article soutient l’adoption d’un angle « performatif » qui examine à la fois les tournées et les arts de la scène dans le contexte de redistribution du pouvoir lié à la géopolitique de la guerre froide en Asie. Tout en soulignant la nature concurrentielle de l’idée de « bifurcation », cet article entend montrer les influences mutuelles et les effets de miroir dans les imaginaires de la sinité du Kuomintang (KMT) et du Parti communiste chinois (PCC).
MOTS-CLÉS : bifurcation des patries, arts de la scène, Singapour, Bangkok, Zhong Yi, Lee Shu Fen, tournées diasporiques, interactions pays d’origine-diaspora.
L'article en entier est accessible dans sa version anglaise.