Paola PASQUALI
Définir le niveau de sinité dans les projets d’infrastructures chinois en Afrique : le cas du Ghana
Paola Pasquali est chercheuse indépendante associée à l’UMR 8504 Géographie-Cités, 5, cours des Humanités, 93322 Aubervilliers, France, et au centre d’études asiatiques de l’Université du Ghana, département de science politique, Ebenezer Laing Rd, Accra, Ghana (paola.pasquali@parisgeo.cnrs.fr). Costanza Franceschini est chercheuse postdoctorale à l’Institut d’anthropologie culturelle et de sociologie du développement de l’Université de Leyde, faculté des sciences sociales et comportementales, bâtiment Pieter de la Court, Wassenaarseweg 52, 2333 AK, Leyde, Pays-Bas (c.franceschini@fsw.leidenuniv.nl). RÉSUMÉ : Cet article examine et conceptualise la notion de sinité en relation avec les projets d’infrastructure au Ghana et en Afrique de manière générale. Menée à partir de travaux de terrain au Ghana et de la littérature secondaire, notre étude comporte deux volets. Nous entreprenons d’une part une analyse basée sur la nationalité et l’origine de l’ensemble des éléments constitutifs des projets d’infrastructures chinois au Ghana : propriété, financement, conception, conseil, normes de construction, matériaux et équipements, pratiques de travail. Nous étudions par ailleurs les aspects qui rendent la perception de ces projets comme étant spécifiquement chinois. Notre analyse identifie différents degrés de sinité dans les projets d’infrastructures du Ghana, ce que nous décrivons comme une « sinité diluée ». Nous constatons que même les projets perçus comme « entièrement chinois » sont investis par d’autres acteurs internationaux et locaux. Notre étude révèle également comment les représentations de tels projets d’infrastructure comme étant « entièrement chinois » sont utilisées par différents acteurs pour promouvoir leurs agendas – exprimant parfois des points de vue opposés sur la présence chinoise en Afrique. MOTS-CLÉS : sinité, Ghana, Afrique, Chine, entreprises chinoises, projets d’infrastructure.