Dépasser l’absence de récit rural dans la littérature sur les travailleurs migrants chinois : étude des œuvres de Liang Hong et Sun Huifen
Shuang Liu est doctorante à l’institut d’études régionales de l’Université de Leiden, Matthias de Vrieshof 3, 2311 BZ, Leiden, Pays-Bas (ccliushuang@gmail.com).
RÉSUMÉ : Les œuvres littéraires sur les travailleurs migrants chinois partis des campagnes pour travailler en ville se concentrent souvent sur leur expérience urbaine, les dépeignant majoritairement comme un groupe socialement défavorisé qui constituerait une présence déviante dans l’espace urbain. Le lecteur trouve moins fréquemment des récits sur leur expérience rurale. Cette absence est d’autant plus notable que la campagne revêt une importance manifeste pour les travailleurs migrants, et que l’étude du récit rural est essentielle pour comprendre les subtilités et la diversité de leur expérience dans son ensemble. En lisant attentivement deux textes littéraires, le récit écrit par Liang Hong sur son village natal, Si la Chine était un village (2010) et le roman de Sun Huifen intitulé Jikuan’s Carriage (2007), cet article met au jour le lien complexe entre les travailleurs migrants et la campagne. Il ajoute en outre un élément clé à notre compréhension de cette catégorie démographique très étudiée, de ses représentations littéraires, et de la production culturelle secondaire en général.
MOTS-CLÉS : littérature chinoise, travailleurs migrants, ruralité, structure des sentiments, production culturelle secondaire.