Xu Peng

Jouer avec le feu : comment l’implication des organisations armées ethniques dans les économies illicites façonne leur survie et leur résilience dans les régions frontalières sino-birmanes

Xu Peng est doctorante au département de politique et d’études internationales à l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres, 10 Thornhaugh St, Londres WC1H 0XG, Royaume-Uni (687318@soas.ac.uk).

RÉSUMÉ : Cet article étudie l’évolution au fil du temps de la relation entre la survie et la résilience des organisations ethniques armées (OEA) d’une part et leur rôle dans l’économie illicite d’autre part, au sein des zones frontalières entre la Chine et le Myanmar dans le nord de l’État Shan. S’appuyant sur des travaux de terrain menés entre 2018 et 2022 dans les zones frontalières sino-birmanes et sino-thaïlandaises, il recourt à une approche spatio-temporelle pour explorer les interactions entre les dynamiques d’ouverture et de fermeture des frontières, les flux transnationaux, les stratégies des OEA et les économies illicites –notamment le trafic de drogue à l’époque de la guerre froide, l’industrie du jeu au début du XXIe siècle et les escroqueries en ligne après le Covid-19. L’étude montre comment les OEA utilisent la frontière comme une ressource en adaptant leurs stratégies aux évolutions de l’environnement politique. Elle soutient que ces interactions ne sont pas linéaires, mais plutôt caractérisées par des influences réciproques à travers différentes périodes historiques. Cet aperçu historique des interactions entre des groupes armés non étatiques et les économies illicites met au jour la complexité de cette zone frontalière contestée.

MOTS-CLÉS : frontières sino-birmanes, organisations ethniques armées (OEA), économie illicite, trafic de drogue, jeux d’argent, escroqueries en ligne.