Les films sur Wong Fei-hung et le modernisme vernaculaire des années 1950 à Hong Kong
Yu Chang est membre à vie de la Hong Kong Collectors Society et ancien chargé d’enseignement au département d’études est-asiatiques de l’Université de Toronto, Canada (changyu1210@gmail.com).
RÉSUMÉ : Cet article explore l’essor de la franchise cinématographique consacrée à Wong Fei-hung, qui compte plus d’une centaine de films produits depuis 1949, et son rôle dans l’articulation et la médiation d’expériences modernes pour le public hongkongais des années 1950 et la diaspora chinoise en Asie du Sud-Est et au-delà. L’article situe la franchise dans le contexte de la guerre froide en utilisant des sources rares et le cadre théorique du modernisme vernaculaire. Il met en évidence la manière dont ces films en cantonais sur les exploits d’un maître d’arts martiaux de la fin de la dynastie Qing ont fourni des interprétations nuancées du modernisme, contrastant avec les récits modernistes des films à consonnance idéologique produits par les studios pro-PCC et KMT à Hong Kong. Se déroulant à Canton, la ville natale de nombreux Chinois d’outre-mer, les films sur Wong Fei-hung ont utilisé des éléments cinématographiques qui faisaient écho à la montée du consumérisme de masse et du modernisme dans les communautés de la diaspora chinoise des années 1950. Bien que les premiers films sur Wong Fei-hung aient été considérés comme datés dès les années 1970, ils exprimaient l’émergence d’une sensibilité moderne adoptant une perspective vernaculaire qui transcendaient les oppositions idéologiques binaires de la guerre froide.
MOTS-CLÉS : Wong Fei-hung, cinéma d’arts martiaux, films de kung-fu, films en cantonais, modernisme vernaculaire, guerre froide, marchés cinématographiques mondiaux, hybridation culturelle, Hong Kong des années 1950.